Marcher dans la forêt, ce n’est pas seulement avancer dans les bois comme l’on avance sur le trottoir d’une grande ville ou d’un village, en enchaînant les pavés sans valeur et une panoplie d’êtres tout aussi insignifiants. Si, pour vous, il n’y a comme but que d’arriver à un point donné, c’est en fait que tout vous échappe dans cette pratique ou qu’elle n’a pour vous qu’un simple aspect sportif.
Marcher dans la forêt, c’est prendre le temps de s’arrêter et de comprendre ce qui nous entoure. C’est quitter, pour quelques heures, le rythme effréné de la vie moderne et sortir de cette vision en tunnel qui nous fait trop souvent oublier le monde qui existe autour de nous.
C’est tendre l’oreille aux cris des animaux au loin, s’interroger sur leurs origines. C’est s’émerveiller devant une plante que l’on n’avait encore jamais remarquée ou devant un étrange champignon aux couleurs presque psychédéliques, qui semble nous avertir de sa toxicité.
C’est aussi un moment de contemplation. Regarder la lumière traverser le feuillage, voir ses rayons atteindre la rivière et simplement rester là quelques instants, sans autre objectif que d’observer.
Marcher en forêt, c’est tenter de renouer avec ces vastes étendues encore dominées par les saisons, le froid, la lumière, la pluie et le passage du temps. Ces mêmes paysages qui ont nourri l’imaginaire de nos ancêtres, inspiré leurs contes et donné forme aux récits de leurs dieux aujourd’hui oubliés.
Revenir à la nature, c’est parfois simplement réapprendre à regarder.