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Le rythme originel
En contrôlant le rythme, ils ont contrôlé l’humain. En changeant le rythme, ils ont modifié de divin.
Autrefois, il y avait deux calendriers qui rythmaient nos vies. Le calendrier solaire, qui orchestrait l’agriculture, et les mois (du mot anglais “moon“), qui rythmait le quotidien. Le soleil était le maître de la croissance. On priait ses rayons pour qu’ils nourrissent et bénissent l’abondance de notre terre. La lune, elle, portait le rythme de l’eau. Le va-et-vient, parfois tranquille, parfois déchaîné, qui pousse les cycles à se compléter.
Puis vint l’idée de remplacer la déesse mère par un père stellaire. Remplacer la roue du rythme par une ligne droite permettant d’atteindre l’élévation, le céleste échelon. Alors il fallut remplacer les tambours du vivant par le tic-tac des horloges. On nous a convaincus que la constance valait mieux que les saisons. Que la performance valait mieux que les cycles. Que la ligne droite était supérieure à la spirale. Le pire c’est qu’ils n’ont pas eu besoin de nous forcer pour que nous suivions leur nouveau calendrier. Il suffisait de changer nos croyances et de dérégler notre rythme.
La plus grande dépossession n’a jamais été celle des terres. Ce fut celle du temps. Une femme qui oublie ses saisons finit par oublier sa nature. Un peuple qui oublie les équinoxes finit par oublier la terre. Une civilisation qui n’écoute plus les battements du rythme originel finit par se croire tout permis. Retrouver le sacré n’est pas apprendre une nouvelle croyance. C’est entendre de nouveau ce qui battait déjà avant les temples… le rythme originel. Celui qui ne demande pas d’obéir, seulement de se souvenir.
> Jacopo del Sellaio
> Gottfried Wilhelm Leibniz
En contrôlant le rythme, ils ont contrôlé l’humain. En changeant le rythme, ils ont modifié de divin.
Autrefois, il y avait deux calendriers qui rythmaient nos vies. Le calendrier solaire, qui orchestrait l’agriculture, et les mois (du mot anglais “moon“), qui rythmait le quotidien. Le soleil était le maître de la croissance. On priait ses rayons pour qu’ils nourrissent et bénissent l’abondance de notre terre. La lune, elle, portait le rythme de l’eau. Le va-et-vient, parfois tranquille, parfois déchaîné, qui pousse les cycles à se compléter.
Puis vint l’idée de remplacer la déesse mère par un père stellaire. Remplacer la roue du rythme par une ligne droite permettant d’atteindre l’élévation, le céleste échelon. Alors il fallut remplacer les tambours du vivant par le tic-tac des horloges. On nous a convaincus que la constance valait mieux que les saisons. Que la performance valait mieux que les cycles. Que la ligne droite était supérieure à la spirale. Le pire c’est qu’ils n’ont pas eu besoin de nous forcer pour que nous suivions leur nouveau calendrier. Il suffisait de changer nos croyances et de dérégler notre rythme.
La plus grande dépossession n’a jamais été celle des terres. Ce fut celle du temps. Une femme qui oublie ses saisons finit par oublier sa nature. Un peuple qui oublie les équinoxes finit par oublier la terre. Une civilisation qui n’écoute plus les battements du rythme originel finit par se croire tout permis. Retrouver le sacré n’est pas apprendre une nouvelle croyance. C’est entendre de nouveau ce qui battait déjà avant les temples… le rythme originel. Celui qui ne demande pas d’obéir, seulement de se souvenir.
> Jacopo del Sellaio
> Gottfried Wilhelm Leibniz